Les 7 principaux perturbateurs endocriniens

Quels sont les principaux perturbateurs endocriniens ? Où les trouve-t-on et comment les repérer ? Et surtout, comment les éviter ?

En Europe, la définition des perturbateurs endocriniens est très récente. Depuis le 13 décembre 2017 seulement, après plusieurs mois de débat, la Commission Européenne s’est mise d’accord sur les critères d’identification des perturbateurs endocriniens, notamment les pesticides et les biocides faisant déjà l’objet d’une définition claire depuis novembre 2017.
 
Trois critères sont principalement retenus :
  • un mode d’action qui altère les fonctions du système hormonal
  • la production d’un effet négatif sur la santé
  • le lien de cause à effet entre les deux - l’effet négatif étant une conséquence directe du mode d’action.\

Si la définition des perturbateurs endocriniens fait autant débat, c’est parce qu’ils ont largement investi les pratiques industrielles et notre quotidien depuis de nombreuses années.

 

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques dont l’action altère le bon fonctionnement du système hormonal, favorisant certaines pathologies des fonctions essentielles (reproduction, croissance, développement, métabolisme). Obésité, infertilité, hyperactivité, cancers, diabète peuvent ainsi être des conséquences directes d’exposition aux perturbateurs endocriniens, même à très faibles doses.

 

 

Nous avons répertorié les 7 perturbateurs endocriniens les plus présents dans notre vie quotidienne, en particulier dans notre alimentation, la cosmétique ou les textiles :

 

  1. Bisphénols
  2. Phtalates
  3. Parabens
  4. Composés perfluorés et téflon
  5. Triclosan
  6. Pesticides
  7. Additifs

... et quelques autres PE

 

 

 

BISPHENOLS

Kesako ?

Les bisphénols sont principalement connus à cause du bisphénol A (BPA), interdit dans les contenants alimentaires en France depuis 2015. Pourtant reconnu comme perturbateur endocrinien depuis juin 2017, cette molécule composée de phénol et d’acétone est encore utilisée dans la fabrication de matière plastique, conserves, etc.

 

 

Quels effets ?

Parmi les nombreux effets des bisphénols, on compte l’apparition d’une puberté précoce, de déficit d’attention, d’hyperactivité, de dépression, des troubles hépatiques et reproducteurs, d’obésité, de diabète de type 2 ainsi que des cancers du sein et de la prostate. 

 

 

Où les trouve-t-on ?

Si le bisphénol A est interdit dans les biberons depuis 2010 et dans tous les contenants alimentaires depuis 2015, il reste néanmoins présent dans de nombreux produits : fontaines à eau, vaisselle jetable, cuit-vapeur, bouilloire, gourde de sport, composites dentaires, jouets, lentilles ophtalmiques.

 

 

 

 

 

 

PHTALATES

Kesako ?

Les phtalates constituent une famille de substances plastifiantes notamment utilisées pour fabriquer du PVC, lui conférant forme et flexibilité. 

 

Quels effets ?

En leur qualité de perturbateur endocrinien, les phtalates peuvent entraîner un déséquilibre des hormones thyroïdiennes, du système nerveux et du système respiratoire, une puberté précoce, des problèmes de fertilité, des malformations génitales, la féminisation de populations animales, l’apparition d’allergies et d’asthme.

 

Où les trouve-t-on ?

Principalement présents dans les produits à base de plastique (PVC, film alimentaire, gants médicaux, jouets), les phtalates n’épargnent pas l’industrie cosmétique : on les retrouve dans les produits coiffants, les produits d’hygiène, les vernis, les parfums et produits parfumés, ainsi que dans les dessins et décorations des vêtements pour enfants.

 

 

PARABENS

Kesako ?

Parmi les perturbateurs endocriniens les plus connus et médiatisés, les parabens ont particulièrement secoué l’industrie cosmétique ces dernières années : ces substances chimiques sont des conservateurs qui possèdent des propriétés antifongiques et antibactériennes. Cette famille de perturbateurs regroupe toutes les molécules finissant par « paraben » (butylparaben, ethylparaben, methylparaben, propylparaben...)

 

 

Quels effets ?

Les parabens peuvent avoir des effets néfastes sur la fertilité et sont responsables de cancers hormono-dépendants tels que le cancer du sein. L’obésité, certaines allergies cutanées, la réduction de la qualité du sperme comptent également dans les effets de l’exposition à ces substances.

 

 

Où les trouve-t-on ?

En leur qualité de conservateur, les parabens sont présents dans 80% des produits cosmétiques (shampooing, crèmes, vernis, mousses à raser, etc.). On les trouve également dans de nombreux médicaments, certains produits industriels alimentaires (conserves de poisson, produits lactés surgelés, sauces, sirops, jambon, moutarde, pâtisseries) mais aussi dans certaines lessives. Ils entrent également dans la formulation de colles, vernis et cirages. S’ils sont supprimés de la composition d’un produit, les parabens sont souvent remplacés par le méthylisothiazolinone qui a la réputation d’être un puissant allergène.

 

 

 

 

 

 

COMPOSES PERFLUORES 

Kesako ?

Fabriqués depuis les années 1950, les composés perfluorés sont une large famille chimique comprenant plusieurs centaines de molécules utilisées dans de nombreuses applications industrielles. Ces composés sont persistants et résistent à la dégradation.

 

Quels effets ?

Cancérigènes, imitant les œstrogènes et les hormones thyroïdiennes, s’accumulant dans le foie et le cerveau, les composés perfluorés altèrent le développement du système nerveux du fœtus, augmentent le taux de cholestérol, modifient la réponse au stress, entraînent infertilité, déficits immunitaires et cancers.

 

Où les trouve-t-on ?

Des crèmes pour le corps aux emballages alimentaires, en passant par les équipements médicaux et sportifs, les vêtements performants de type Gore-Tex et les appareils électroniques, les composés perfluorés sont également présents dans le téflon qui constitue le revêtement adhésif de nombreux ustensiles de cuisson.

 

 

 

TRICLOSAN

Kesako ?

Commercialisé depuis les années 70, le triclosan est un biocide aux propriétés antimicrobiennes, particulièrement utilisé pour le lavage des mains en hôpital.

 

 

Quels effets ?

Le triclosan s’accumule dans les tissus graisseux : il est particulièrement toxique pour le foie et les voies respiratoires.

 

 

Où les trouve-t-on ?

On le trouve dans de nombreux cosmétiques et produits d’hygiène, tels que le savon, le dentifrice, les déodorants, les produits contre l’acné, les lotions hydratantes et les démaquillants. D’autres objets du quotidien en contiennent également : ustensiles de cuisine, plastiques de brosses à dents, surfaces de travail, éponges, rideaux de douche, vêtements de sport, jouets.

 

 

 

 

 

PESTICIDES

Kesako ?

Largement utilisés en agriculture conventionnelle, les pesticides sont principalement des biocides et des produits phytosanitaires (fongicides, insecticides, herbicides). Ils peuvent contenir des composés perfluorés (cf ci-dessus). Pulvérisés sur les fruits et les légumes, les pesticides imprègnent les sols et les aliments qui se retrouvent dans nos assiettes.

 

Quels effets ?

Les pesticides peuvent causer des troubles neurologiques et de la reproduction, des leucémies, divers cancers (prostate, cerveau, peau), de l’asthme.

 

Où les trouve-t-on ?

Ils sont principalement présents dans les légumes, fruits et céréales issus de l’agriculture conventionnelle.

 

 

 

ADDITIFS BHT ET BHA

Kesako ?

De nombreux additifs sont présents dans notre alimentation : les principaux, le BHT (hydroxytoluène butylé – E321) et le BHA (E320), sont des conservateurs antioxydants particulièrement utilisés dans l’industrie agroalimentaire. 

 

Quels effets ?

Le BHT et le BHA agissent sur le contrôle de notre faim et brouillent les signaux envoyés par le système digestif au cerveau concernant la sensation de satiété, ce qui favoriserait l’obésité.

 

Où les trouve-t-on ?

En leur qualité de conservateurs, les additifs BHT et BHA sont ajoutés à différents produits industriels (céréales du petit déjeuner, produits cosmétiques, plastiques, chewing-gums, soupes et purées).

 

 

 

QUELQUES AUTRES PE

 

De nombreuses substances chimiques agissent comme perturbateurs endocriniens et se retrouvent dans nos produits du quotidien : le polycarbonate présent dans de nombreux emballages, le nonylphénol dans les vêtements, les PCB (dioxines et polychlorobiphényles) dans les poissons, fruits de mer et produits laitiers, les silicones synthétiques dans les cosmétiques et toxiques pour la reproduction, les molécules présentes dans les textiles retardeurs de flamme (polybromodiphenylethers, présents sous forme d’initiales PBDE sur les étiquettes) qui recouvrent vêtements de nuit, fauteuils et matelas.

 

 

 

QUELQUES SOLUTIONS POUR EVITER LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

Pour éviter d’être trop exposé aux perturbateurs endocriniens et à leurs effets néfastes, plusieurs solutions peuvent être adoptées. 

Par exemple, la boutique en ligne La Réjouisserie propose toute une sélection de produits garantis sans perturbateurs endocriniens.

 

COSMETIQUE

Le plus simple est de faire confiance aux labels qui garantissent l’absence de perturbateurs endocriniens : les plus connus sont Cosmebio ou Ecocert. De manière générale, les produits biologiques subissent une réglementation plus sévère en matière d’utilisation et de dosage des substances chimiques agissant comme perturbateurs endocriniens. 

Adopter une routine de cosmétiques naturels permet d’éviter en très grande partie ces perturbateurs, principalement présents dans des produits industriels : huiles végétales, beurres végétaux, huiles essentielles et autres ingrédients naturels entrent dans la composition de nombreux produits issus de la chimie verte, notamment disponibles dans la section Salle de Bain de la boutique La Réjousserie. Réaliser ses produits soi-même, à l’aide de nombreux tutoriels disponibles sur YouTube, constitue également une bonne alternative aux cosmétiques classiques.

 

Concernant les crèmes solaires, les produits avec filtres UV minéraux sont à privilégier et ceux avec filtres de synthèse à éviter car ils peuvent avoir une activité hormonale potentiellement perturbatrice. 

 

 

ALIMENTATION

Une étude de Générations Futures indique que 90% des perturbateurs endocriniens retrouvés chez les femmes franciliennes sont des pesticides et donc issus de l’alimentation. Les premières mesures à prendre sont de manger bio et d’éviter le plastique à usage alimentaire. 

 

L’agriculture biologique produit des aliments contenant moins de pesticides car ces derniers sont limités dans ce mode de production. Une cinquantaine d’additifs sont autorisés pour les aliments biologiques contre 300 en alimentation conventionnelle.

 

   

 

 

 

 

Le contact avec les perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques peut être évité si les aliments ne sont pas réchauffés directement dans les récipients. Si les contenants comportent le sigle PC ou le chiffre 7 à l’intérieur d’un triangle, cela signifie qu’ils contiennent du polycarbonate et doivent donc être évités. L’idéal reste de préférer les contenants en verre ou en inox à ceux en plastique. Les conserves, cannettes, vaisselles en plastique, emballages en carton de fast-food sont aussi à éviter. La Réjouisserie propose toute une gamme de contenants réutilisables

 

Les aliments industriels sont à limiter dans l’alimentation quotidienne. Si toutefois vous voulez ou devez en consommer, lire attentivement les étiquettes des aliments industriels permet de mieux choisir : il faut privilégier les produits dont la liste d’ingrédients comporte moins de trois additifs.

 

 

 

TEXTILES

Les vêtements neufs étant souvent imprégnés de polluants utilisés lors de la fabrication, il est conseillé de toujours les laver avant la première utilisation, même les vêtements en fibres naturelles et biologiques car leur teinture est souvent polluante, cf l'article "Pourquoi les soldes nuisent gravement à la santé". Des labels de confiance permettent aussi de limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens : Confiance Textile 100 ou OEKO Tex Standard 100. Les produits recyclés ou en coton bio, comme  dans le dressing de La Réjouisserie, sont également des solutions. 

 

 

Sources :

Site de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

Publications et études de Générations Futures

Encyclopaedia Universalis

 

Auteure : Marie Beaudet
Illustratreurs : Quentin Hascher et Lili Barletta