La semaine du (dé)goût

Créée il y a 20 ans par le lobby du sucre, la Semaine du Goût est une opération marketing devenue un événement incontournable dans les écoles, au point où elle est soutenue par les Ministères de l’Agriculture et de l’Éducation Nationale. L’objectif affiché sur le site : «éduquer les consommateurs, et surtout les enfants, aux goûts et aux saveurs», laisse un goût amer lorsqu’on y regarde d’un peu plus près...

Du 13 au 19 octobre, de nombreuses opérations, surtout à destination des enfants, ont été lancées dans toute la France : ateliers, conférences, distributions de «kits pédagogiques» et d’ouvrages. Mais aussi la mise en place d’une mention approuvée par les enfants. Dans les faits, des enfants de 8 à 12 ans ont dû faire un choix gustatif parmi plusieurs produits, tous plus industriels les uns que les autres, afin (d'après le site) de faciliter le choix des parents...

 

Semaine du Goût approuvé par les enfants

 

Parmi ces produits «approuvés» par les enfants, on retrouve par exemple la pizza jambon emmental de Sodebo. La liste des ingrédients a de quoi couper l’appétit, surtout lorsqu’on sait que les jeunes enfants, en plein développement, sont particulièrement sensibles aux perturbateurs endocriniens :

 

  • Pesticides : les pesticides sont des perturbateurs endocriniens, c’est à dire qu’ils interfèrent dans le bon fonctionnement du système hormonal, entraînant des troubles de la reproduction, des cancers et des troubles du système nerveux : alzheimer, dépression, pertes de mémoire...

 

  • Additifs alimentaires : le E250 (nitrite de sodium) et le E407 (carraghénanes), sont possiblement cancérigènes.

 

  • OGM : il est pour le moment impossible de connaître les effets des OGM sur la santé humaine. Cependant, une étude menée par le professeur Gilles-Éric Séralini sur des rats montre des signes de toxicité au niveau du coeur, du foie et des reins.

 

Et Sodebo n’est pas le seul à mettre des produits chimiques dans l’assiette des enfants. Parmi les partenaires officiels de la Semaine du Goût, on retrouve le CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière), ISIPCA (école de l’aromatique alimentaire), Président Professionnel, Pavillon France (produits de la pêche française), Bridor, Nespresso, Nestlé Waters... Le bio et le durable ne semblent pas avoir une place de choix dans cette gigantesque opération marketing à destination des enfants.

 

Le goût oui, les perturbateurs endocriniens non merci !

 

À Générations Cobayes, on pense qu’il est possible de se faire plaisir sans se faire du mal. Et des solutions existent : encourager l’agriculture bio et locale jusque dans les cantines, demander à ce que les lobbies n’aient plus leur place dans les écoles, faire pression sur les industriels pour qu’ils changent leurs pratiques...

 

Sources

 

Toxicité des OGM : «Tous Cobayes» de Gilles-Éric Séralini

Les pesticides, quelles conséquences pour la santé ?

Les additifs alimentaires : E250 et E407